Inspirée et inspirante, Cracovie la ville muse // Cartographie d’une énigme

dimanche, 8 mars 2015
émissions Ville-Mondes sur France Culture

À Cracovie, séculaire creuset enflammé de la création, de la libre-pensée et de la subversion, chacun se sent plus poète et artiste qu’ailleurs. Et si les fantômes du moindre de ses murs, de ses caves, de ses cafés interpellent le chaland, la scène artistique contemporaine y trouve une jubilation nourricière inégalée.

Ici, il se passe toujours plus de choses qu’ailleurs et c’est pour cela qu’on y revient plus souvent constate le metteur en scène Andrzej Wajda à propos de la riche proposition théâtrale et artistique cracovienne.

Tadeusz Kantor, celui par qui la révolution théâtrale s’accomplit dans les années 1950 avec sa compagnie Cricot 2, y revenait toujours malgré sa reconnaissance internationale. Il disait avoir besoin d’un mur pour s’y cogner la tête. Et n’est-ce pas dans les murs étroits d’une cave, celle de la galerie Krysztofory que se sont jouées les premières subversions de son théâtre ? Revenir donc pour se ressourcer, à Cracovie, ville aimante et aimantée, lieu permanent d’une confrontation entre la tradition et l’avant-garde, entre le politiquement correct et l’estampillé décadent.

Cracovie, l’insoumise, qui puise dans les bouleversements politiques qui la traversent la substance même de sa liberté. L’Ecole des Beaux Arts, pour ne citer qu’elle, a ainsi connu de nombreuses révoltes. Tadeusz Kantor s’en fera exclure avec éclat. Un siècle et demi auparavant Jacek Malczewski mène la fronde contre son directeur, l’illustre Jan Matejko, et surtout contre sa vision historique de la peinture, nous raconte l’ancien directeur Jan Pamula qui joue les guides au sein de cette bâtisse.

Certes les vieux murs ne manquent pas dans cette ancienne capitale de Pologne, à commencer par le château royal de Wawel qui de son rocher domine le site. Et si Cracovie n’est plus la capitale de la Pologne, elle a su garder le titre de celle de la culture.

De nouveaux lieux culturels dialoguent avec les anciens, comme le Centre des Arts et de la Technologie japonais installé dans un bâtiment ultra moderne. L’action culturelle se déplace aujourd’hui de l’autre côté de la Vistule et redonne vie au quartier délaissé de Podgorze à travers Mocak, le musée d’art contemporain de Cracovie, le musée de Schindler ou la Nouvelle Cricothèque-musée de Tadeusz Kantor.

De fait, l’énergie créatrice opère toujours, Cracovie vit pleinement son essor et ne se replie pas sur son passé refusant le statut d’une ville-musée.

Une déambulation cracovienne artistique en compagnie de :

Jan Ostrowski, directeur du Château de Wawel

Konrad K. Pollesch, artiste photographe

Andrzej Wajda, cinéaste, metteur en scène de théâtre

Krystyna Zachwatowicz, scénographe

Jan Pamula, peintre et graveur, ancien directeur de l’Ecole des Beaux Arts de Cracovie

Bogdan Korczowski, peintre

Krystian Lupa, metteur en scène de théâtre

Maria Stangret-Kantor, peintre, actrice du théâtre Cricot 2

Malgosia Butterwick, performeuse

Natalia Zarzecka, directrice de Cricoteka, Centre de documentation sur l’art et la documentation de Tadeusz Kantor

Krzysztof Penderecki, compositeur et chef d’orchestre

Et la voix de Tadeusz Kantor

Photo © Bogdan Korczowski

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