Allée de l’indépendance par Krzysztof Varga, traduction Agnieszka Żuk

du 1 avril au 30 avril 2015

"Lorsque le Boeing 767 de la compagnie aérienne polonaise LOT explosa en plein vol au-dessus de l’Atlantique, Krystian Aposta était déjà complètement soûl."

L’allée de l’Indépendance est l’artère qui relie le centre-ville de Varsovie à ses banlieues sud. Elle traverse Mokotów, un quartier que Krystian Aposta quitte rarement. Il y est né en 1968 et il y est resté. En secondaire, à l’école catholique Saint-Augustin, il s’est lié avec Jakub Fidelis, un garçon du quartier qui lui ressemblait tant qu’on pouvait les confondre. Mais bien vite leurs destins divergent. Fidelis connaît une célébrité fulgurante, il est le danseur que les télés s’arrachent, il fait la une des magazines, tandis qu’Aposta s’enfonce dans l’échec et doit bientôt admettre qu’il est un peintre raté, un de ces artistes conceptuels dont le talent a fait long feu : il passe désormais ses jours à boire et à traîner sur les sites pornos. Entre les deux hommes, il y a Kasia, une éternelle jeune fille à la recherche du grand amour. D’abord ensorcelée par la noirceur d’Aposta, elle finit par rejoindre Fidelis, dont le visage, comme celui de Dorian Gray, échappe aux ravages du temps.

L’allée de l’Indépendance : ce nom sonne amèrement pour la génération de l’auteur et de ses personnages, ceux qui ont eu vingt ans lors de l’émancipation de la Pologne en 1989. Cette liberté tant attendue, qu’en ont-ils retiré ? Qu’ont-ils été capables d’en faire ? Quelles autres chaînes ont remplacé celles de l’idéologie ? Les noms évocateurs des protagonistes, leurs illusions et leurs épreuves, tout nous porte à considérer cette histoire comme une parabole moderne et cruelle sur le sens de la vie.

(d'après : Editions Noir sur Blanc)

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