L'Art d'écosser les haricots de Wiesław Myśliwski

samedi, 13 juin 2015 à 20h
lecture mise en espace
79 Rue Rebeval, 75019 Paris

L'Art d'écosser les haricots de Wiesław Myśliwski

traduit par Margot Carlier

lecture mise en espace

interprétation : Gabrielle Forest

dramaturgie, mise en espace : Mariola Odzimkowska

artiste visuel: Agata Rybarczyk

composition sonore : Anthony Donato

L'oeuvre de Wiesław Myśliwski (né en 1932) s'inspire de la réalité polonaise en amenant dans une dimension philosophique et anthropologique. L'écrivain polonais s'inspire de l'âme de la parole afin de créer une littérature unique caractérisée par une simplicité et une densité à la fois. Son écriture n'a pas des vérités toutes prêtes. Elle observe, questionne et entre naturellement en dialogue avec le lecteur.

"L'Art d'écosser les haricots" est un terrain de découverte passionnant où les graines des haricots s'écossent telles les pensées et les fragments de la vie. Une pensée découle d'une autre. Le roman est écrit sous forme d'un monologue-dialogue. La pensée du narrateur est comme une rivière qui coule en passant par différents endroits-sujets. Il se questionne lui-même et s'adresse à un interlocuteur invisible dont l'identité ne sera pas identifiée et laissée au lecteur. Nous y percevons une rencontre avec l'autre et une sorte de conversation avec soi-même. C'est le public qui prendra pendant notre lecture, par moments, la forme de cet « inconnu » venu acheter les haricots.

Le livre fut une réussite littéraire en Pologne et valut au roman de Wiesław Myśliwski le prix Nike en 2006 (la plus importante récompense littéraire de son pays). C'est son premier et pour l'instant le seul roman traduit en français. En 2011 le livre reçut le Grand Prix Littéraire de Saint-Emilion Pomerol Fronsac dans la catégorie du roman étranger.

Quelle est notre idée d'approcher l'univers de l'Art d'écosser les haricots ?

Le livre de Wiesław Myśliwski nous a inspiré et nous a ouvert la porte à la réflexion sur différents « moi » et sur notre rapport au monde. La dramaturgie de notre rencontre se focalise sur : l'effacement de la frontière entre ce qui est rêvé et ce qui est réel, la relativité, la présence inévitable du monde des morts dans le monde des vivants, la mémoire du passé qui provoque le fonctionnement de l'action présente.Comme des leitmotivs réapparaissent dans notre projet : rencontre, retour, solitude, souvenirs d'enfance, rêves, relations humaines, homme en tant qu'élément de l'univers, mémoire.

"Pourquoi la vie ne se pencherait pas sur l'homme ? Elle n'a besoin d'aucun consentement de sa part. C'est comme avec le rêve, vous rêvez de vous alors que vous en n'avez pas envie. Parfois, vous apparaissez dans votre rêve tel que vous n'auriez jamais voulu vous voir, et pourtant il s'agit bien de votre propre rêve. Vous n'avez pas plus d'influence sur la façon dont les autres rêvent de vous. En quoi la vie serait-elle différente ?"

Dans notre projet "l'Art d'écosser les haricots" dialogue avec l'univers du film John Doe d'Agata Rybarczyk, vidéaste et sculptrice. Ces deux mondes se rencontrent de façon subtile et suggestive tout en gardant leurs particularités. Chaque personne peut retrouver une partie de soi dans le monologue-dialogue du gardien. Le film John Doe aborde la notion de "chaque personne". Le texte alterne au fur et à mesure avec les images choisies du film accompagné de compositions sonores d'Anthony Donato. La lecture finit par la présentation du film John Doe dans son integralité qui en faisant écho aux éléments abordés dans le texte. C'est ainsi nous voulons guider la perception du spectateur tout en mettant en valeur l'aspect multidimensionnel du texte...

Rencontre avec l'autre, connexion organique de l'homme à l'univers, effacement de la frontière entre le monde des morts et des vivants, relativité dans la perception des choses présentes dans ce roman trouve des points communs avec le travail d'Agata Rybarczyk. La rencontre de ceux deux mondes permet d'accentuer la dimension visuelle de l'univers de "l'Art d'écosser les haricots", la mettre en dialogue avec une artiste qui souligne que tout est fluide et s'emboîte dans le monde, que les matières sont capables d'exister en parallèle et en fonction des propriétés des choses, que nous sommes les porteurs de nous-mêmes et des autres à la fois.

Dans notre projet c'est une femme, Gabrielle Forest, qui joue le rôle du narrateur et non un homme comme dans le roman. Car nous voulons démontrer que la parole du gardien dans "l'Art d'écosser les haricots" est une parole universelle, humaine. Souvenirs, observations, réflexions dans les fragments choisis pourraient venir autant d'un homme que d'une femme.

Le travail sonore d'Anthony Donato nous amène de façon subtile et suggestive dans les ambiances, dans les méandres de l'univers du roman.

***

"L'Art d'écosser les haricots" de Wiesław Myśliwski, traduit du polonais par Margot Carlier, Paris, Actes Sud, 2010.

Samedi 13 juin 2015 à 20h

durée 1h15

Atelier d'Agata Rybarczyk

Adresse : 79 Rue Rebeval, 75019 Paris

métro : Pyrenées (ligne 11)

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles

Réservation obligatoire par mail miodzimko@gmail.com ou par téléphone 06 75 89 93 71

Photo : l'oeuvre de Agata Rybarczyk "Sandbox thoughts squarespace". DR

79 Rue Rebeval, 75019 Paris

79 Rue Rebeval, 75019 Paris
métro : Pyrénées (ligne 11)

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