Karol Szymanowski

du 1 janvier au 31 décembre 2017
80e anniversaire de la mort du compositeur en 2017

Karol Szymanowski

1882-1937

80e anniversaire de la mort du compositeur en 2017

Karol Szymanowski (1882-1937), le plus grand compositeur polonais de la première moitié du XXe siècle, est né à Tymoszówka (désormais en Ukraine). Il commence son éducation musicale avec son père, puis avec son oncle, Gustav Neuhaus, pianiste et directeur de l’école de musique d’Elisavetgrad. Dans les années 1901-1905, Szymanowski poursuit ses études à Varsovie auprès de Zygmunt Noskowski et Marian Zawirski. Avec un groupe de compositeurs que l’on appellera plus tard « Jeune Pologne en musique », Szymanowski fonde, en 1905, une société d’édition. L’activité de la société ne consiste qu’à publier les œuvres des jeunes compositeurs polonais et à organiser des concerts (à Varsovie et à Berlin). Entre 1908 et 1914, Szymanowski, effectue plusieurs voyages en Italie. Résident à Vienne dans les années 1911-1914, il y signe un contrat permanant avec la société Universal Edition. En 1914, il visite l’Algérie, la Tunisie, Paris et Londres. Il quitte Tymoszówka et Elisabethgrad en 1917, pour s’installer deux ans plus tard à Varsovie.

Dans les années 1920-1922, il fait deux voyages aux Etats-Unis. La prédilection du compositeur pour la ville de Zakopane (Podhale) date de 1922; il y fera plusieurs séjours avant de s’y installer durablement en 1930. De 1927 à 1929, Szymanowski assure la direction du Conservatoire de Varsovie. Après la réorganisation de l’établissement, qui prend le nom d’Ecole Supérieure de Musique, il devient son premier recteur (1930-1932). Dans les années 1933-1936, Szymanowski présente ses compositions à travers l’Europe, lors de plusieurs tournées de concerts. Il meurt en 1937 dans un sanatorium à Lausanne. Il est enterré à Cracovie.

L’œuvre de Szymanowski se compose de trois grandes phases. La première (1900-1914) laisse paraître une profonde influence de la musique de Chopin, ainsi que des oeuvres précoces de Scriabine, et, parallèlement, une fascination pour le romantisme allemand tardif. Les œuvres plus importantes de cette période sont la IIe Sonate pour piano op.21, la IIe Symphonie op.19, et l’opéra en un acte Hagith, op.25. Les voyages du compositeur dans le Sud, au cours desquels il se laisse séduire par la culture orientale et par l’Antiquité, se révéleront d’une importance cruciale pour son développement artistique ultérieur.

La seconde phase de sa création se caractérise par l’introduction de nouveaux thèmes, par un enrichissement du langage artistique, et par le recours à des moyens d’expression originaux sur le plan de la technique instrumentale et de la chromatique. Les œuvres majeures de cette période sont la IIIe Symphonie «Chant de la nuit », op.27, les Chants d’amour de Hafiz, op.26, les Chants de la princesse, op.31, les Chants du Muezzin Fou, op.42, les Métopes, op.29, les Masques, op.34 pour piano, le Ier Concerto pour violon op.35, et l’opéra Le Roi Roger op.46.

Dans les années 20, la découverte de la musique folklorique constitue pour Szymanowski un moment charnière de son œuvre, apportant un changement décisif dans sa stylistique. Ses Mazurkas pour piano, op.50, son Stabat Mater, op.53, ainsi que son ballet Harnasie op.53, œuvres puisant dans le folklore montagnard de Podhale, jettent les bases d’un style national moderne, analogue à celui qu’avait créé Chopin au XIXe siècle.

L’œuvre de Szymanowski occupe un place éminente dans la musique polonaise du XXe siècle : il est le premier compositeur moderne qui ait su s’affranchir du joug du romantisme et rompre avec l’attitude d’épigone. Figure majeure dans l’histoire de la musique européenne, Szymanowski doit sa position aux traits pertinents de son style – évocation de la traduction nationale, et approche moderne de la musique populaire – ainsi qu’à sa forte individualité créatrice, mise en relief par une très haute maîtrise du métier de compositeur.

Szymanowski fut membre d’honneur de plusieurs associations artistiques et scientifiques, notamment : la Česke Akademie Vedi d’Umani, l’Académie Royale Santa Cecilia de Rome, l’Académie Royale de la Musique de Belgrade, et la Société Internationale de Musique Contemporaine (aux côtés de compositeurs tels qu’Igor Stravinski, Béla Bartok ou Maurice Ravel). En 1929, il obtint le Prix national de Musique et, en 1930, fut nommé docteur honoris causa de l’Université Jagellonne de Cracovie.

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