À l'œuvre. Être(s) au travail

du 4 avril au 11 juillet 2018
cycle de films documentaires
Centre Pompidou

Ce second cycle de La cinémathèque du documentaire au sein de la Bpi se penche sur la représentation du travail, des courts métrages polonais seront programmés à trois reprises dans ce cadre, sous le titre Amers labeurs en Pologne :

- Mercredi 25 avril à 20h - En présence de Mathieu Lericq (enseignant-chercheur)

- Vendredi 25 mai à 20h

- Vendredi 8 juin à 20h

Cette séance s’insère dans une partie du programme intitulée « Symphonies, désenchantement ». L’avant-garde formaliste années 1920 et 1930 s’est parfois faite au nom d’un héroïsme, d’une exaltation et d’une sublimation des labeurs, tout particulièrement la représentation du travailleur comme avant-garde dans la voie de la réalisation du communisme. Dans cette partie du programme, ces formes initiales enthousiastes dialoguent avec celles porteuses d’une désillusion dont le cinéma a été un marqueur d’une acuité frappante, dès les années 1960 dans certains cas, malgré des contextes de création liberticides, pour s’affirmer toujours plus dans les années 1980. Il est à nouveau question de formes dans ces contextes de désenchantement : à la fièvre cinétique des « symphonies du travail » succède un cheminement vers les visages, la parole, l'individu. Ces films obéissent a de toutes autres rythmiques, ils semblent souvent gagnes par un engourdissement, des atmosphères crépusculaires, comme si le cinéma racontait déjà « la suite de l’histoire ». Si la mélancolie désillusionnée est prégnante, les regards se font aussi frondeurs, parfois amuses.

Les films de la séance de courts métrages polonais :

Le Guichet

Urzad

Krzystof Kieslowski

Pologne, 1965, noir et blanc, 6 min

Face-à-face kafkaïen entre employés et usagers d’une caisse des assurances sociales.

Demain : 31 avril-1er mai 1970

Jutro : 31 kwietnia-1 maja 1970

Wojciech Wiszniewski

Pologne, 1970, noir et blanc, 9 min

Un collage enlevé et fantasque où l’enfant terrible du cinéma polonais évoque une frange de la jeunesse ouvrière de la ville de Lodz. Bagarreuse et oisive, ses aspirations à la veille de la Fête du travail semblent bien éloignées des canons idéologiques du régime communiste.

Le Maçon

Murarz

Krzystof Kieslowski

Pologne, 1973, couleur, 16 min

Le maçon prononce une sorte de rétrospective de son engagement pour la cause communiste. S’il ne masque pas une profonde désillusion, il prend malgré tout part à la parade officielle du 1er mai. Comme si de rien n’était ?

Une histoire de l’homme qui a accompli 552% de la norme

Opowieść o człowieku, który wykonał 552% normy

Wojciech Wiszniewski

Pologne, 1973, noir et blanc, 26 min

Bernard Bugdolowsie fut avec son frère le « Stakhanov » polonais, accomplissant 552% de la norme à la fin des années 1940 en Silésie. Le mythe du prolétaire héroïque est ausculté et déconstruit par le regard frondeur de Wojciech Wisznieski, dans une comédie documentaire cruelle dotée d’une fantaisie formelle et d’une liberté de ton jouissive.

Les Ouvrières

Robotnice

Irina Kamienska

Pologne, 1980, noir et blanc, 16 min

La condition pénible d’ouvrières du textile sous le regard empathique d’Irina Kamienska, envisagé dans un somptueux travail photographique, aussi bien les atmosphères d’atelier que les gestes et les visages, auxquels la cinéaste rend un vibrant hommage. Tout n’est pas qu’observation, on accède aussi à une parole, la caméra se fait alors porte-voix de ces travailleuses malmenées mais dignes.

Centre Pompidou

75191 Paris cedex 04
centrepompidou.fr

TARIF :

Plein tarif 4€/2€ tarif réduit

Gratuit pour les adhérents du Centre Pompidou (dans la limite des places réservées et sauf séances spéciales)

Vente en ligne :

https://billetterie.centrepompidou.fr

Suite aux procédures de contrôle des effets personnels des visiteurs dans le cadre du plan Vigipirate-état d’urgence, il est recommandé de se présenter au minimum 30 minutes avant le début de la séance.

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