Jour d'été

du 22 avril au 23 avril 2011
de Sławomir Mrożek spectacle de Simon Pitaqaj

Jour d’été

Texte : Sławomir Mrożek

Traduit par: Jean-Yves Errhel

Création de la Compagnie LIRIA

Mise en scène : Simon Pitaqaj

Avec : Mathilde Bost, Paolo Valla, Simon Pitaqaj

Décors : Yves Cohen

Costumes : Vjlolca Bega

Lumières : Ruddy Frigsch

Création sonore : Fabien Caron

3 représentations :

samedi 26 février 2011 à 20h30

Espace Renaudie

30, rue Jules et Martin Lopez

93300 Aubervilliers

Tarifs : 5 E

Réservations : 06 63 94 93 65 / compagnieliria@yahoo.fr

vendredi 22 et samedi 23 avril 2011 à 21h00

Théâtre du Lavoir Moderne Parisien

35 rue Léon - 75018 Paris

Réservations : 01 42 52 09 14 / resa@rueleon.fr

La Compagnie Liria est en résidence à la Maison d’Alphonse Daudet (Draveil 91) 2010-2011. A l’Espace Renaudie et à la Villa Mais d’Ici (Aubervilliers).

La Compagnie Liria - Villa Mais d’Ici - 77, rue des Cités - 93300 Aubervilleirs - www.compagnieliria.fr

En partenariat avec l’Institut Polonais de Paris, la Ville d’Aubervilliers, l’Espace Renaudie, l’association les Bouches Décousues et la Villa Mais d’Ici. Coproduction : Compagnie Liria, la Maison Daudet (Draveil).

L’histoire

Un jour d’été. Une station balnéaire. La plage, les vagues de la mer qui résonnent au lointain. Un homme, Déveinard, désespéré par sa propre vie, entre sur scène. C’est un homme qui n’arrive à rien, rien ne lui réussit dans la vie. Il est accompagné de son arbre et cherche une place tranquille pour se pendre. Il espère réussir au moins sa pondaison.

Un autre homme, Éveinard, bien portant et élégant, arrive quelques minutes plus tard. Il est désespéré par la vie en général, parce que pour lui elle n’a aucun but, «tout lui réussi!». Tous ses souhaits sont réalisés, ses projets, ses désirs…tout.

L’un vit dans l’espoir de réussir au moins à nager, l’autre affirme que tout cela n’a aucun sens. Ils s’envient l’un l’autre. Ils veulent échanger leurs places, mais cela ne servirait à rien car ils se suicideraient alors pour les mêmes causes. Leur situation étant sans issue, ils décident de passer à l’acte chacun à tour de rôle.

À ce moment précis, la Dame fait une apparition! Comme par miracle, un fait magique, une fée, elle apparaît. Et aussitôt elle disparaît. Ils renoncent à leurs activités et décident de la suivre comme deux chiots après leur mère. Ils se retrouvent tous les trois dans un café. Ne sachant que faire de leur journée, ils décident d’aller au théâtre. La Dame envoie Éveinard chercher les billets du spectacle. En attendant, Déveinard lui déclare son amour. Un amour authentique, comme une nécessité, une grande joie. La Dame, qui ne connaît pas d’autre forme d’amour que l’amour redevable et tyrannique, s’émeut. Dans cette déclaration, elle entrevoit sa quête, le courage d’aimer sans condition, ce à quoi elle aspire.

Éveinard arrive avec seulement deux billets au lieu de trois. Lequel des deux doit aller au théâtre avec la Dame!? C’est elle qui doit faire un choix! Parce qu’il s’avère qu’entre temps Éveinard aussi est pris au piège, il est tombé amoureux! Qui gagnera!? Et qui gagnera quoi!? Et à quel prix!?

Notes / Intentions de mise en scène

Nous vivons dans une société qui valorise la réussite. Qu'il s'agisse de la réussite sociale ou familiale, l'important est de ne surtout pas «rater sa vie!». «Nous n'avons qu'une vie, il faut qu'elle soit liée au plaisir et à la réussite!». C'est ce qui est souvent répété par tout un chacun. Et cette réussite s'exprime chez l'individu par une mise en valeur des signes extérieurs de richesse : posséder une Ferrari, un yacht, le téléphone portable dernier cri, être propriétaire d'une grande villa, avoir le dernier gadget à la mode. Tout nous porte à croire que la réussite apporte l'argent et le bien-être qui fait le bonheur. Mais tout cela n'est-il pas une illusion ?

La pièce de Mrozek nous met face à cette question. Eveinard et Déveinard se retrouvent sur le même lieu pour se suicider. Pourquoi!? Parce que l’un réussit tout, et l’autre ne réussit rien. Ici, Mrozek met au même plan la réussite et l’absence de réussite. Parce que l’une comme l’autre nous enlève le sens et le but de la vie! «Je t’envie, car u vis dans l’espoir, tu as un but dans ta vie!» dit Eveinard à Déveinard. Peut-on vivre sans but!? «Même un chien a un but!» (Goethe).

La réussite matérielle nous permet de tout acheter. Tout. Sauf l’amour. L’amour vient bouleverser le destin des deux hommes, il le met face à un but indéfini où la réussite apparaît comme abstraite. Est-ce que l’amour s’achète!? Se contrôle!? Se possède comme un vulgaire gadget!? Est acquis!?

C’est alors que Mrozek bouleverse les cartes. L’amour ne s’achète pas, mais l’homme est prêt à faire n’importe quoi, même tuer, pour arriver à ses fins, pour son intérêt personnel. Ce n’est pas le fruit d’une réussite matérielle quelconque. Mais il s’agit d’une émotion forte et inconnue de nos deux protagonistes, qui met en branle toutes leurs théories, leur philosophie, leurs doutes, leurs tablettes de calculs. Il détruit comme un ouragan. Parce que l’amour est imprévisible et incontrôlable. Il arrive là où on ne s’y attend pas. Quand on aime et qu’on veut posséder l’autre, on est prêt à détourner les lois, la vérité et à tuer. Il y a une sorte de fatalité animale qui nous domine, contre laquelle nous ne pouvons rien. Elle dépasse les raisons et les références. La nature de l’être humain doit fonctionner comme un tout. L’âme, le corps et la raison se fondent les uns sur les autres et non séparément.

Nous vivons dans une société où l’on nous demande la transparence absolue. Est-ce qu’un jour on voudra matérialiser le mystère de l’amour!? Le commander comme une télé!? Où l’on déciderait de tomber amoureux et d’aimer quelqu’un!?

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