Maria Loboda

du 21 juin au 9 septembre 2013
"Champs Elysées", exposition collective
Palais de Tokyo

CHAMPS ELYSEES

Exposition collective avec MARIA LOBODA

Curateurs : Julie Boukobza, Simon Castets & Nicola Trezzi

Champs Élysées : Dans la mythologie grecque, partie des Enfers, séjour des héros et des hommes vertueux après leur mort. (Larousse)

Dans Loss of Breath (1832), Edgar Allan Poe souligne la valeur esthétique du tombeau lorsqu’il commet un lapsus révélateur confondant les termes sépulture et sculpture : « we arrived at the place of sculpture, and I felt myself deposited within the tomb1. »

Née de croyances religieuses surannées et de considérations hygiénistes datées, l’institution funéraire continue néanmoins de matérialiser le souvenir du défunt. Survivant à la sécularisation des sociétés occidentales, le cimetière demeure un espace intensément investi, le lieu incontournable du repos post-mortem, la villégiature obligatoire des morts enterrés ou incinérés. Bien que conçu pour accueillir les cadavres, le cimetière, créé par et pour les vivants, est un reflet de son environnement socio-économique, verni d’une illusion d’éternité.

« Champs-Élysées » invite une vingtaine d’artistes à bâtir par leurs oeuvres, pièce par pièce, un cimetière modèle à l’intérieur de l’espace d’exposition, réexaminant les aspects décoratifs et performatifs du funéraire au sein d’une mise en scène immersive. Rappelant la théorie du musée comme cimetière, l’exposition transpose l’esthétique du cimetière dans le musée même. Décrits par Paul Valéry comme des simples amalgames de « visions mortes2. », les musées semblent parfois se muer en cimetières d’idées éteintes. Dans « Champs-Élysées », des représentations artistiques de la mort et du cimetière invitent paradoxalement à considérer la vivacité de l’espace d’exposition.

L’exposition suggère des liens entre les éléments esthétiques et les fonctions sociétales du cimetière, décelant dans la persistance du rite funéraire un enjeu artistique fertile. Les artistes sélectionnés donnent à voir non seulement l’image statique et éculée de la nécropole idéale – stèles, chrysanthèmes, croix, larmes, portraits de défunts, urnes écoresponsables – mais aussi ses usages parallèles, visites guidées, cérémonies de magie noire, tournois d’échecs et rencontres furtives.

Julie Boukobza vit à New York, où elle exerce la profession de journaliste et critique d’art. Elle contribue à de nombreuses publications françaises et internationales dont Art Press, L’Officiel Art, PIN UP, Double, et Frog. Parallèlement à son activité journalistique, elle a fondé en 2010 le site MODERN TALKING, un projet éditorial illustrant les formes contemporaines de la conversation. Elle a récemment lancé la série de symposiums “We Own The Night”, dont la première édition s’est tenue à la galerie Marianne Boesky (New York) en Septembre 2012.

Simon Castets vit à New York, où il travaille comme curator indépendant. Ses projets récents incluent les expositions de groupe Cherry Picking à la galerie Karma International, Zürich, A Stone Left Unturned à la galerie Yvon Lambert, Paris, et Aftermath à la galerie Taka Ishii, Kyoto. Il prépare une exposition personnelle de Sarah Ortmeyer chez Federico Vavassori, Milan, et co-organise avec Hans Ulrich Obrist le projet 89plus, une série d’expositions, publications et panels sur la génération d’artistes nés en 1989 et après.

Nicola Trezzi vit à New York où il occupe le poste de US Editor pour Flash Art International. Il contribue à de nombreuses publications dont Il Sole 24 Ore (Milan), Monopol (Berlin) et Flatt (New York). Il a été invité à donner des conférences à Yale University (New Haven) et Bezalel Academy of Arts and Design (Tel Aviv). Il a co-organisé les expositions suivantes: Painting Overall à la 5ème biennale de Prague, Four Rooms au CCA, Varsovie, Modern Talking au Muzeul National de Arta Cluj-Napoca et Circa 1986 au HVCCA, Peekskill

1. Voir Jean-Didier Urbain, La Société de conservation, (Payot, Paris, 1978), p. 21

2. Paul Valéry, « Le Problème des musées », Pièces sur l’art, (Gallimard, Paris, 1954), p. 93-99

Palais de Tokyo

13, avenue du Président Wilson, PARIS
http://www.palaisdetokyo.com/

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